Subud Symbol

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Une brève introduction à Subud

Traduction française du texte de Roseanna Sawrey-Cookson

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Bien qu'il s'inspire d'une expérience religieuse, Subud (prononcer Souboud) n'est en soi ni une religion, ni un enseignement. C'est l'acceptation de la puissance de Dieu qui emplit et contrôle tout l'univers, aussi bien visible qu'invisible à notre vision ordinaire, et c'est aussi l'expérience de cette force à l'oeuvre en chacun de nous.

Il n'y a ni dogme, ni credo, ni clergé en Subud. Pareillement aux grandes religions du monde, ses membres soutiennent que Dieu ne peut pas être compris par l'intellect humain. La seule chose qui nous soit demandée est que nous abandonnions et soumettions, avec patience et sincérité, notre propre volonté à la Volonté de Dieu. Subud n'est pas plus oriental qu'occidental, il est plutôt pour toute l'humanité, une humanité présente devant un Dieu Tout-Puissant. Cela n'est pas nouveau car cette expérience est aussi vieille que l'humanité, la Grâce de Dieu étant accordée aux hommes selon Sa Volonté ; il s'y trouve cependant quelque chose de nouveau, puisqu'il semble que ce soit la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'il soit devenu si facile à l'homme de la recevoir.

Du point de vue historique, Subud a commencé vers 1925 alors qu'un Javanais du nom de Muhammad Subuh Sumohadiwidjojo reçut un premier contact avec la Force Divine, ce qui fut le début d'une période d'action intensive dans son âme, d'une durée de trois ans. Cette étape terminée, il lui fut dit, en réponse à sa prière, que ce don pourrait être partagé ; qu'il n'était pas pour lui seul, mais qu'il pourrait le transmettre à quiconque lui en ferait la demande, bien qu'il ne devait pas aller au devant des gens, mais seulement attendre qu'ils viennent à lui et s'informent. Au début, seuls sa propre famille et des voisins immédiats reçurent le contact, mais graduellement des gens vinrent de diverses régions de l'Indonésie et reçurent le contact ; après un certain temps, ils furent autorisés par Pak Subuh à le transmettre aux autres.

Ce n'est pas avant 1956 que Subud a atteint l'Occident - le nom de Subud (ou Soeboed selon l'ancienne épellation) a été utilisé pour la première fois en 1947 - et depuis ce temps il s'est répandu dans presque chaque pays du monde. Aucun effort n'est fait pour le faire connaître et il se répand surtout par les explications des gens et l'exemple vécu. Néanmoins un certain nombre de livres furent écrits sur le sujet, par diverses personnes, et ont réussi à éveiller l'intérêt de plusieurs lecteurs qui y trouvent quelque chose qu'ils cherchaient, consciemment ou non.

Pak Subuh - Pak ou Bapak (père) est un terme indonésien d'usage pour s'adresser à un homme âgé ou respecté - fit plusieurs séjours à l'extérieur de son propre pays durant les années qui suivirent 1957 et jusqu'à peu de temps avant son décès en 1987. En 1957 il quitta l'Indonésie pour la première fois de sa vie et se rendit en Angleterre pour quelques mois, suite à l'invitation d'un petit groupe de personnes qui avaient reçu le contact d'un Européen qui avait vécu quelque temps en Indonésie. Plusieurs centaines de personnes vinrent à Subud durant cette dernière moitié de 1957 ; certains venaient de divers pays d'Afrique, d'Amérique, d'Australie et d'Europe, et invitèrent à leur tour Pak Subuh à leur rendre visite dans leur pays.

Pak Subuh n'était pas un maître, mais il était appelé (en indonésien) pemimpin kejiwaan, ce qui signifie 'guide spirituel'. Il guidait, expliquait et donnait des conseils ; mais, comme il l'a expliqué, tout l'enseignement nécessaire à l'humanité nous a déjà été donné dans les grandes religions du monde. Subud n'éloigne personne de sa propre religion, mais donne plutôt la possibilité de vivre conformément à ses enseignements en débarrassant ceux qui la pratiquent de leurs imperfections et en les rendant aptes, éventuellement, à devenir ce pourquoi ils furent créés. La transmission du contact de Subud ne dépendait pas de la présence de Pak Subuh et il a autorisé plusieurs hommes et femmes, dans tous les pay où Subud est établi, à agir au titre de ses aides et représentants, de diverses manières. Ces "aides" ne sont pas nécessairement d'un haut niveau de développement spirituel, bien que certains, après quarante ou cinquante ans ou davantage en Subud, puissent effectivement avoir atteint de hauts degrés, jusqu'à un certain point. Les aides sont choisis parmi les gens disponibles qui ont une expérience suffisante. Ils n'étaient nommés, au début, que par Pak Subuh. Mais depuis sa mort, ils sont nommés par un groupe d'aides, nommés pour un mandat d'une certaine durée, connus sous le nom d' "aides internationaux". Personne n'a le droit d'agir à titre d'aide s'il n'a pas d'abord été choisi de cette manière.

Le mot Subud n'est pas directement lié au nom de Pak Subuh, mais il est l'abréviation de trois mots sanscrits : Susila, Budhi et Dharma. En Subud ces mots se traduisent approximativement ainsi : Susila signifie vivre correctement en accord avec la Volonté de Dieu ; Budhi représente la force intérieure qui appartient à la nature de l'homme lui-même ; Dharma signifie l'abandon et la soumission à la Puissance de Dieu. Réunis, ces mots symbolisent une fraternité d'hommes et de femmes de toutes les races et religions, unis dans l'adoration de Dieu par le latihan (prononcer latihane).

Le latihan est le fondement de Subud. Latihan est un mot indonésien qui signifie à peu près entraînement ou exercice, et ces deux mots ou leur équivalent en d'autres langues, sont parfois utilisés comme synonymes. Mais le mot latihan est généralement préféré, puisque le fait même qu'il ne soit pas familier aide à dissiper toute confusion selon laquelle ceci ressemble ou pourrait être comparé avec tout autre concept ou expérience déjà connus. Le latihan ne peut pas être enseigné ou imité car il surgit spontanément en nous, après que le contact avec la Puissance de Dieu a été reçu grâce à sa transmission par l'intermédiaire d'une personne en laquelle il est déjà présent. Il diffère pour chaque personne, selon ses besoins. Il ne peut être suscité par aucune action ou volonté de l'homme, non plus que par le coeur ou l'esprit; il ne peut l'être que par la Volonté de Dieu. En même temps, la volonté de l'homme est libre d'intervenir à n'importe quel moment et d'arrêter l'action du latihan qui ne dure qu'aussi longtemps que nous nous y soumettons de plein gré.

Ceux qui sont autorisés à transmettre le contact - les "aides" - ne font rien ni à, ni pour la personne qui le reçoit. Ils font seulement leur propre latihan avec le nouveau membre qui est venu recevoir le contact, et à la suite de sa propre acceptation le même procédé commence alors en lui ou en elle, et par la suite le travail continue intérieurement sans avoir aucunement besoin du coeur et de l'intellect ou de quelque acte que ce soit de la volonté, en dehors du consentement initial. Tout ce qui est requis, que ce soit lors de la réception du premier contact ou lors de toute occasion ultérieure, est une disposition intérieure de soumission sincère de sa propre volonté à la Volonté de Dieu.

On fait généralement le latihan deux fois par semaine en compagnie d'autres membres du même sexe, accompagnés/es d'un ou de plusieurs aides qui sont responsables des périodes qui durent généralement une demi-heure. Après une expérience de quelques mois, les membres sont généralement prêts à faire seuls un autre latihan d'une demi-heure, mais on les avise sérieusement de ne pas faire plus de trois latihans par semaine.

Les expériences durant le latihan varient énormément. Le latihan est différent pour chacun ainsi que pour la même personne à des périodes différentes. Au début il se manifeste généralement par des mouvements ou des sons corporels qui sont une manifestation extérieure d'une action intérieure trop profonde pour être sentie directement. Avec le temps l'expérience deviendra de plus en plus intérieure.

Le latihan est une véritable adoration de Dieu par notre soumission à Sa Volonté, et son action en est une de purification et de croissance intérieure. Chacun de nous possède en lui bien des impuretés, aussi bien héritées qu'acquises par ses propres actions. Il y a beaucoup à rectifier en nous et ceci est accompli d'une manière qu'il nous est impossible de réaliser nous-mêmes. Aucun enseignement, aucune discipline imposée ou aucun exemple, mais plutôt la seule puissance de Dieu peut pénétrer en nous au niveau auquel le travail doit se faire, et seul Dieu peut savoir ce qui est nécessaire pour chacun. C'est pourquoi il n'y a pas d'enseignement d'une personne à une autre en Subud ; Dieu seul est le Maître.

Le processus de purification est progressif et évolue selon les besoins de chaque individu, de sa capacité à recevoir et de sa bonne volonté à l'accepter. La force à l'oeuvre dans le latihan est infiniment puissante, mais elle n'ira contre la volonté de personne. Aussi longtemps qu'on accepte de soumettre sa propre volonté à la Volonté de Dieu, le processus va de l'avant. Il commence au niveau physique et souvent, mais certes pas toujours, il en résulte une grande amélioration de la santé corporelle. Mais son action ne peut pas être prévue. Tout ce qu'on peut dire, c'est que chacun reçoit ce qui est vraiment correct et nécessaire pour lui-même, aussi longtemps qu'il abandonne et soumet vraiment sa propre volonté, avec patience et sincérité. La vitesse avec laquelle la purification progresse varie selon chacun et ne peut pas être accélérée ou aidée par quelque effort que ce soit de notre part. Tout ce qu'on peut faire est d'accepter ce qu'on reçoit et d'éviter de détruire, par un comportement erroné, le travail qui se fait en soi.

Subud s'adresse à la vie extérieure aussi bien qu'à la vie intérieure, à la fois pour les membres individuels et pour la fraternité dans son ensemble. Aussi, en plus du latihan, y a-t-il une organisation pour les questions matérielles. Cette organisation est connue sous le nom de l'Association Mondiale de Subud (World Subud Association). Chaque centre de Subud possède son propre comité ainsi que son propre groupe d'aides, et les deux travaillent étroitement, chacun dans sa sphère de travail bien définie. Dans les pays où existe déjà une organisation à l'échelle nationale, il y a aussi un comité national qui est responsable des questions organisationnelles à l'échelle nationale. Les responsabilités de ces comités touchent aux finances, à la recherche de locaux pour le latihan, à l'organisation d'entreprises charitables et commerciales lorsqu'elles existent, et autres. Les aides sont responsables de transmettre le contact aux aspirants, d'organiser et d'être présents lors des latihans de groupe, de donner des explications sur Subud à ceux qui en font la demande, de répondre aux questions des membres relativement au latihan, de conseiller le comité lorsque requis, de rendre visite et de faire le latihan avec les malades, et ainsi de suite. Ni les aides ni le comité n'ont de pouvoir ; ils ne font que voir à leurs diverses tâches et responsabilités, dans l'intention de rendre service. À ces structures locales de l'organisation s'ajoutent les mêmes aux niveaux régionaux, nationaux et international. (Tous ces organismes n'ont des adminstrateurs que pour des périodes de temps limitées et ceux qui occupent ces postes ne doivent en aucune façon être perçus comme des personnes supérieures).

L'aspect organisationnel de Subud est financé en partie par les dons et les contributions volontaires des membres, mais l'intention de Pak Subuh était que le financement soit principalement fourni par les dons provenant des entreprises individuelles ou collectives des membres. Il avait suggéré qu'ils songent à donner jusqu'à 25% de leur profit net (après avoir fait face à toutes les dépenses, au paiement de dividendes raisonnables et ainsi de suite). Ceci est de plus en plus mis en application.

En plus de voir à ces dépenses directes, l'organisation de Subud possède aussi une action autonome pour le travail caritatif. Elle est connue sous le nom de Susila Dharma International qui est une organisation non gouvernementale affiliée à l'O.N.U.

Dans la plupart des pays l'organisation subudienne, qui est à but non lucratif, est inscrite à titre d'oeuvre caritative et est donc exempte d'impôts, de sorte que tous les dons peuvent servir aux fins de Subud.

Subud est ouvert à toute personne sincère âgée d'au moins dix-sept ans. On demande généralement à ceux qui désirent venir à Subud d'attendre durant une période de trois mois après leur demande, et si au bout de ce temps ils sont encore intéressés, ils peuvent habituellement commencer.

Plusieurs milliers de personnes sont venues à Subud et certaines l'ont quitté. Il s'agit d'un don donné gratuitement, mais ce n'en est pas pour autant un chemin toujours facile à suivre. La purification est rarement chose facile. Subud ne fait aucune revendication, mais à tous ceux qui désirent s'en informer, les membres de la fraternité de Subud disent simplement, "Venez voir".

Londres, vers 1966, et Canberra, 1995

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http://www.subud.com/fr