Subud Symbol

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Préface de Susila Budhi Dharma

par Muhammad Subuh Sumohadiwidjojo

(Publié par le Service des Publications de l'Association de Subud de France, 6, rue Deguerry, 75011 Paris, France.)

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Pour éclairer le contenu de ce livre, il est bon que Bapak explique auparavant quel doit être l'état de l'être humain qui lui permette de prendre contact avec la Grande Force de Vie qui, en vérité, émane du Pouvoir du Seul Dieu.

De toute évidence, Dieu est Puissant et Il l'est incomparablement plus que l'homme, car c'est bien entendu Lui qui est le Créateur de l'homme et de tous les univers. De ce fait, l'homme n'est en réalité qu'une chose créée sans aucun pouvoir devant Lui.

Telle étant sa véritable nature, l'homme est dans l'incapacité, avec son coeur et son intellect, de comprendre ce que sont Dieu et Son Pouvoir. Pour cette raison, bien des hommes se lancent dans la quête qui les mènerait à un contact avec cette Grande Force de Vie ; les uns arrêtent leurs recherches en cours de route, les autres, leur jiwa [1] n'étant pas encore consciente, ne peuvent faire autrement que de dévier dans une direction où, en vérité, il y a seulement des fantasmes du coeur et de l'intellect.

C'est pourquoi, lorsque l'homme cherche une forme d'adoration qui puisse le mettre en contact avec cette Grande Force de Vie, il doit avant tout arrêter le jaillissement incessant de son imagination et de son intellect. Ce faisant, il paralyse ses nafsus [2] et renonce à son intelligence et à sa sagesse humaines, ce qui signifie aussi qu'il obéit et s'abandonne en toute sincérité à Dieu Qui règne sur sa personne.

Il n'y a là rien de nouveau. Au cours des siècles, l'homme a suivi cette voie et a trouvé un contact dont il a personnellement fait l'expérience. Comment se fait-il donc qu'à l'époque actuelle il y ait si peu d'hommes qui aient ce contact ? La seule raison en est que, de génération en génération, l'homme n'a cessé d'être confronté aux changements du monde. Nombreux sont les hommes qui se sont laissés aisément influencer par ces changements. Et ce, d'autant plus que l'intellect humain n'a cessé de se développer et d'avancer dans le domaine de la connaissance. Ces progrès ne font qu'accélérer la descente du sentiment intérieur de l'homme depuis le monde de la paix intérieure jusque dans le monde de l'intellect, si bien que, tôt ou tard, l'homme se trouve dominé intérieurement par l'intellect plutôt que par la paix inhérente au sentiment intérieur ou à la personnalité intérieure. Finalement, il devient naturel au coeur et au cerveau d'être constamment actifs, ce qui ôte presque toute possibilité au sentiment intérieur d'êre en paix.

Assurément, il est vraiment très nécessaire que l'homme se serve de sa pensée, car l'intellect, pour l'homme, est un instrument important avec lequel il s'efforce de subvenir aux besoins de son existence dans le monde afin de connaître une vie bien ordonnée. Par contre, pour accéder à la conscience du spirituel (kejiwaan : qui a rapport à la jiwa) qui lui fera reprendre contact avec la Grande Force de vie, l'homme n'a pas besoin d'utiliser son intellect, mais au contraire de stopper l'activité de son imagination ; car c'est seulement de cette façon qu'il lui devient possible de recevoir quelque chose qui lui est normalement accessible et qui suscite en lui des vibrations d'énergie. Il devient ainsi clair que le seul moyen pour l'homme d'avoir un contact avec la Grande Force de Vie ou avec le Pouvoir de Dieu est de s'abandonner avec toute la sincérité possible. Cet abandon à Dieu ne doit pas être simples paroles. Il doit pénétrer la totalité du sentiment intérieur afin que l'homme ressente sans équivoque qu'il n'est rien en qui avoir foi, qu'il n'y a rien à adorer, qu'il n'y a rien à diviniser si ce n'est le Seul Dieu Tout-Puissant.

Quand il parvient à réaliser cet état, l'homme, au même instant, se sent sans force bien que demeurant lui-même et pleinement conscient.

Ce qui signifie : il se sent sans force, car à ce moment-là la force des nafsus, coeur et intellect, l'a quitté, mais il se sent néanmoins complet parce que son sentiment intérieur a été rempli par quelque chose qui provient de la Grande Force de Vie. Enfin, il se sent pleinement conscient parce que sa jiwa d'homme a été éveillée.

C'est ce qui se passe quand l'homme agit comme il convient. Mais si, pour aboutir à ce résultat, il persiste à utiliser son intellect qu'il tient pour le moyen ou l'instrument propre à surmonter tous les obstacles, il y a peu d'espoir qu'il puisse entrer en contact avec la Grande Force de Vie.

C'est une vérité qui a souvent été énoncée par les hommes qui ont reçu ce contact dans les temps anciens : le seul moyen pour l'homme d'approcher le Pouvoir de Dieu est d'accepter d'apaiser son sentiment intérieur avec beaucoup de patience, de soumission et de sincérité.

Il s'agit là d'une condition absolue, car, en vérité, ce don de Dieu ne peut être reçu que par une être humain dont le sentiment intérieur a été abandonné à la Grandeur de Dieu avec patience, soumission et sincérité.

Voilà ce que dit Bapak à ceux qui lisent ce livre. Quant aux explications qu'il contient, elles formulent la quête spirituelle que l'on poursuit en recevant le latihan [3] spirituel.

Et Bapak espère que Dieu l'Unique voudra bien ouvrir le sentiment intérieur de ses lecteurs afin qu'ils se prosternent devant Lui en toute sincérité. Bapak espère que les lecteurs voudront lui pardonner sans réserve toute parole déplacée.

Amen.


[1] Nature intérieure.
[2] Ce qui nous pousse à agir : impulsion, volonté, désir (au sens neutre de ces termes, sans connotation négative).
[3] En indonésien, ce mot signifie exercice ou entraînement au sens le plus général ; latihan spirituel signifie donc, en Subud, l'exercice dans lequel la jiwa se soumet à l'action du Pouvoir de Dieu (ou Grande Force de Vie).

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